Istanbul, le 29 octobre

par gaelkka

On s’égosille beaucoup autour du sujet du voile dans nos contrées mais il me semble qu’on ne s’attarde pas assez sur la typologie de la femme voilée. Dans les différentes terres d’islam qu’il m’a été donné de visiter, j’ai pu constater différents types de porteuses de voile :

—   La bigote : souvent vêtue d’un imperméable façon trench anglais même quand il fait 40°, la bigote arbore une tenue plus inexpugnable que la plus reculée des forteresses cathares et plus triste qu’un jour d’hiver à Oust-Kamenogorsk.

—   L’infante Maria Conception del Pilar : porte son voile délicatement brodé comme la mantille d’une infante espagnole, son visage rappelle les traits des portraits du Fayoum ; régulièrement, son voile glisse et on peut apercevoir ses cheveux le temps qu’elle l’arrange à nouveau.

—   La plouc : on sent que tout le monde autour d’elle a toujours porté le voile, elle ne se pose pas de question et enveloppe son visage rougeaud de paysanne dans un carré de chintz fleuri comme elle a toujours vu faire sa mère et sa grand-mère avant elle.

—   Madonna : elle porte un voile rose vif, encombrant, volumineux, elle n’est pas maquillée mais elle fume, elle est au bras d’un homme qui arbore un diams à l’oreille gauche, qui sont-ils ? sont-ils gays ? est-il son faire-valoir, est-elle sa couverture ? vont-ils braquer une banque ?

Mais ce qui est surprenant, et insupportable, c’est, en dépit de cette pudeur capillaire, cette nonchalance à exhiber leurs pieds dans des sandales, même lorsque les températures ne s’y prêtent pas : est-ce que je me promène, moi, quand il bruine, les fesses à l’air dans une combinaison de plongée pourvue d’un trou spécialement découpé à cet effet ? Non, il ne me semble pas.

Rappelons ici que les Talibans ont proscrit le port de socquettes blanches en rapport à leur caractère érotique.

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