Selçuk, le 2 novembre

par gaelkka

Assise sur de gros coussins face au psychopathe en puissance qui m’a conduite dans sa Fiat Panda jusqu’à un restaurant en pleine campagne, sous la pluie, près d’un lieu de pèlerinage catholique, je le regarde s’éponger la sueur du front avec une petite serviette en papier. Pendant le trajet, il m’a vanté la cuisine turque, en anglais, à grand renfort d’images épicées mais pour une raison qui m’échappe, et qui, vu son empressement à parler, doit lui échapper aussi, il n’a commandé pour tout mets qu’une simple crêpe aux épinards :

« C’est les pancakes, on pou dire ça les pancakes ? avec de l’ouile d’olive qu’on les fouch sour la fire avec des femmes et on mette les épinards dedans et le fourmage ça cruüt c’est très bon on mange ça parfois on mange ça pour les matins avec du thé ou aussi les soirs avec le thé aussi parfois mais c’est toujours les femmes avec les épinards et le fromage le thé la répoublique Atatürk ici dans la région les gens mangent ça dans la montagne de l’ouile et du fourmage dans les crêpes des femmes les biquettes, oui.

– C’est très bon. Mais vous parlez bien le français, vous l’avez appris où ?

– En parlant tout seul. »

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