Istanbul, le 4 novembre

par gaelkka

Dans le grand bazar d’Istanbul, entre les échoppes de bling et les vendeurs de made in China, il reste des splendeurs ottomanes quelques voûtes en brique dont on se lasse assez vite. Pourris qu’on a été des visions hallucinées des orientalistes phtisiques en manque de sensations fortes, on croit qu’on va tomber là sur les richesses de l’Orient, même si on sait bien que les terres rares ont depuis longtemps remplacé les épices et que les richesses de l’Orient elles s’empilent en dollars dans les caisses du Parti Communiste Chinois.

Dans un coin un peu calme je tombe sur un antiquaire qui a dans sa vitrine un joli bracelet et un petit tableau, une huile représentant la mosquée neuve et le port d’Istanbul au soleil couchant, style fin XIXème, et dont les couleurs sont assez maîtrisées, un peu à la Turner.  Pour fuir un peu la foule, je pénètre dans la boutique, où la pénombre, la poussière et le capharnaüm qui y règnent isolent le chaland du vacarme ambiant. Deux fossiles prostrés dans d’énormes fauteuils plus vieux qu’eux tiennent le comptoir.

« Oui ?
—   Le tableau que vous avez en vitrine, le petit en haut à droite, il est à combien ?
—   Huit mille dollars.
—   … Ok. Et le bracelet à côté ?
—   Dix-huit mille dollars.
—   … »

Finalement je vais ramener un petit peu de verveine.

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