New York, chambre d’hôtel, le 21 janvier 2013

par gaelkka

Elle est drôlement calme, la ville qui ne dort jamais. Pas un bruit dans la rue, à peine le ronronnement d’un moteur. Et elle se couche drôlement tôt, aussi, à huit heures tout ferme, et en trempant ses lèvres dans son cappuccino à emporter à dix heures, elle se lève aussi vachement tard.

Je sais pas trop ce qu’elle fait de ses nuits.

Je sais pas trop ce qu’elle fait de ses nuits mais la nuit ce que la télé lui conseille, c’est de prendre soin de sa santé, celle qu’elle doit malmener en levant tard et se couchant tôt. Celle qu’elle doit préserver à grand renfort de pilules magiques, donc les effets secondaires sont énumérés un par un lors de la réclame. Pendant que des dames blondes gambadent dans les champs, une voix off explique très vite que ces médicaments présentent des risques de thrombose, de cancer, de mort, de dépression grave et de nez qui coule, qu’il ne faut pas les prendre si on est déjà cancéreux, mourant ou déprimé. Parfois il y a aussi des dames noires, mais elles ont l’air plus fatiguées et ne gambadent pas — c’est de toute évidence beaucoup plus fatigant d’être une dame noire, et celles-ci n’ont pas besoin de contraceptifs miraculeux mais de médicaments contre la congestion nasale. Parfois, il y a aussi des hommes blancs quadras à qui on ne propose pas de contraceptif mais plutôt des solutions pour répandre leur sainte semence, dans le but, probablement, de faire gambader la femme blonde de la pub pour le contraceptif. Ils sont, quant à eux, vivement enjoints à contacter un médecin s’ils souffrent d’insuffisance rénale ou si leur érection dure plus de quatre heures.

Pas étonnant que la ville en perde le sommeil.

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