New York, Chinatown, le 22 janvier 2013

par gaelkka

Un ami m’a demandé de lui rapporter quelque chose de New York, peut-être encore avec l’illusion que comme dans les années 80 New York était le temple du cool, comme si j’allais lui rapporter quelque chose de minuscule mais terriblement nouveau, de bouleversant, comme un putain de bibelot du futur.

Sous les néons faiblards du salon de manucure, je réfléchis au cadeau que je vais bien pouvoir rapporter en regardant d’un œil distrait, cachée derrière une statue en faux jade représentant un crapaud concupiscent bavant devant un bouddha trop gras, une pute chinoise qui guette le chaland affalée derrière le comptoir.

« Elle a payé», hurle-t-elle soudain en chinois, « mais elle n’a pas laissé de pourboire.
—   Ok, elle a laissé un pourboire ?
—   Non, fais bien attention qu’elle te donne ton pourboire. »

La dame au regard bovin qui me lime les ongles me sourit bêtement et reprend :

«  Elle a laissé un pourboire ? Non parce qu’il faudrait pas qu’elle oublie de laisser un pourboire, hein. »

J’ai laissé mon pourboire. L’Amérique aurait pu faire une formidable Allemagne nazie.

Finalement, le seul truc vraiment new-yorkais sur lequel j’ai pu mettre la main c’est :

The Cocksucker’s Guide to New York City
S.T.H Straight To Hell Publications
N°49, 1980

Noir et blanc, nombreuses illustrations n&b, 32p.,
Calendrier universel détachable
Inclut les célèbres nouvelles “Baptist Boys do it Best”, “Wanted in San Francisco : Foreskin” et “Finds Mr. Right in Peep Show”.

Et ben mon ami, franchement, je trouve que je me suis pas moquée de lui.

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